Retour sur le Séminaire humAIn et Unirev3

Le séminaire humAIn "IA et 3ème révolution industrielle : vers une économie responsable ?" s’est déroulé le 28 janvier 2020 à Centrale Lille. Au cœur de ce séminaire, l’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur l’agriculture et l’industrie de demain. Retour sur cette journée organisée conjointement par l’alliance humAIn et Unirev 3.





L’intelligence artificielle au service de l’agriculture


L’intervention de Matthieu BARLET, AgTech Manager au sein d’EuraTechnologies, nous a présenté les apports de l’IA à l’agriculture, permettant de trouver des solutions aux principaux défis du secteur :

  • La prédiction : l’acquisition de données liées à l’agriculture permet à une IA d’estimer la production future d’une exploitation en fonction du temps et de la météo. Elle peut aider l’agriculteur à améliorer sa production en diminuant son utilisation d’eau et de produits phytosanitaires.

  • La mécanisation : grâce à la robotisation, l’IA apporte la possibilité d’automatiser des tâches et d’en réduire la pénibilité.

  • La traçabilité : la data et l’IA peuvent aider à garantir la traçabilité pour le consommateur.

Matthieu Barlet a également souligné les limites de la « révolution IA » pour l’agriculture :

  • La convergence : Aujourd’hui chacun crée sa propre data. Il y aura t'il une convergence des IA ?

  • Les infrastructures : Est-ce que les serveurs sont capables de regrouper toutes les données ? Pour quel coût énergétique ?

  • L'investissement : La France investit-elle assez pour avoir une vraie place dans le monde ?

  • L'accessibilité : Quel pourcentage d’agriculteurs peut acheter ces technologies ?


Il reste donc encore beaucoup à faire sur le sujet.


Deux mises en situation à la frontière entre intelligence artificielle et agriculture ont ensuite été présentées : le projet Agrinet** présentée par Brandon FOUBERT et la startup Orchid Solution par Yoann Merlier.


Agrinet propose une station sans fil connectée, permettant à l’agriculteur d’être mieux préparé face aux sècheresses. Le défi de ce système est de garantir à la fois la robustesse et la transmission des données. Pour la robustesse, le dispositif repose sur des capteurs multiples de type « Soil Humidity Sensor » répartis sur l’exploitation, qui envoient les données collectées à l’agriculteur. Sur la transmission des données, le système utilise un protocole de communication « Low Range, Low Power » pour limiter la consommation énergétique. L’IA participe également à l’optimisation du choix des réseaux de communication par la sélection dynamique des protocoles et réseaux à activer.


Orchid Solution se concentre sur l’optimisation de la culture sous serre grâce à l’IA. Elle associe des capteurs pour évaluer les facteurs de stress de la plante à un spectromètre capable de déterminer les qualités gustatives et nutritionnelles du produit. Ce procédé, appelé phénotypage, est actuellement utilisé avec des méthodes souvent destructives (prélever une partie du fruit par exemple). En plus d’être non-destructif, le phénotypage numérique peut être opéré plus tôt dans le cycle de la plante et permettre d’appliquer des actions correctrices.


L’intelligence artificielle au service de l’industrie


Deux autres mises en situation de l’IA au service de l’industrie ont été présentées lors de cette journée.


La startup Wavely, présentée par son directeur Nicolas CÔTÉ, possède une expertise acoustique dans l’acquisition de données complexes, le calcul en temps réel et la transmission de ces données. Leur système capte les bruits des usines, leur IA les analyse, ce qui permet de proposer des recommandations de réglages pour les machines présentes dans les usines.

Louis-Romain JOLY de la direction innovation et recherche de la SNCF a expliqué que le secteur ferroviaire doit intégrer des solutions technologiques développées pour d’autres secteurs comme l’industrie automobile. À titre d’exemple, un des cas présentés faisait appel à une solution analogue à celle développée par Wavely dans le secteur industriel. Les sons produits par les moteurs sont analysés pour pouvoir détecter d’éventuels défauts et opérer la maintenance au moment opportun.

L’intelligence artificielle semble être une source intarissable de solutions, mais son potentiel est encore peu utilisé par les TPE et PME. Des initiatives comme la Cité de l’IA permettent de sensibiliser les entreprises sur cette thématique afin de trouver de nouvelles solutions.



Prix doctorants


Cette journée s’est clôturée sur la remise des prix doctorants. Les deux premiers prix, remportés par Alison BLONDEAU pour son projet visant à explorer les limites du droit face à l’IA et Amaury DUBOIS avec son projet d’optimisation de l’irrigation avec des solutions à bas coût, témoignent du dynamisme de la recherche sur l’IA dans la région Hauts-de-France.



**Agrinet est une équipe associée Lirima et Inria

©2019 humAIn